Les troubles associés au spectre de l’autisme

Les troubles associés au spectre de l’autisme

En médecine, la comorbidité désigne les maladies qui accompagnent souvent une autre, elle correspond à la présence d’un ou de plusieurs troubles qui se manifestent en même temps qu’une maladie primaire. En psychiatrie, elle se définit comme un double diagnostic ou plusieurs diagnostics, cela ne signifie pas nécessairement la présence de multiples maladies, mais l’impossibilité d’émettre un seul diagnostic.

Les comorbidités sont des pathologies secondaires souvent liées à l’autisme, les personnes qui se situent sur le spectre autistique sont particulièrement affectées par une ou plusieurs d’entre elles. C’est pourquoi, les professionnels doivent systématiquement rechercher des pathologies associées à l’autisme lors du diagnostic de ce trouble développemental (retard mental, déficits sensoriels, auditifs ou visuels, épilepsie, syndromes génétiques).

Il existe plusieurs troubles associés à l’autisme, mais les plus fréquemment rencontrés sont :

  • Les troubles du sommeil : Les personnes autistes éprouvent beaucoup de

difficultés à trouver le sommeil et à le conserver. C’est une problématique qui est au cœur des préoccupations des personnes atteintes et de leurs familles. Elles sont sujettes aux insomnies, nécessitent plus de temps pour s’endormir, se réveillent à plusieurs reprises durant la nuit, et par conséquent leur sommeil est moins réparateur. 

Le manque de sommeil a des conséquences directes sur les personnes autistes et notamment sur leurs capacités sociales. Les troubles du sommeil intensifient les comportements stéréotypés, baissent les performances aux tests d’intelligence et augmentent les difficultés de concentration.

La mélatonine est une hormone naturelle qui régule les rythmes biologiques, son effet majeur est la synchronisation du cycle veille/sommeil, elle décide de l’heure de l’endormissement. Certaines études montrent que chez les personnes autistes, le niveau de mélatonine serait affecté à cause d’une mutation du gène qui gouverne le cycle éveil/sommeil.

La sensibilité sensorielle peut être aussi la cause des troubles du sommeil. Un professionnel formé (ergothérapeute, psychologue, psychomotricien) peut réaliser un bilan sensoriel afin de mettre en place des solutions adaptée pour favoriser le sommeil (lumières tamisées, températures de la pièce, …).

Des médicaments peuvent être prescrits en dernier recours pour accompagner le sommeil. Les suppléments de mélatonine peuvent être une bonne option car à ce jour il y’a peu d’effets secondaires comparativement aux traitements psychiatriques.

  • Les troubles de l’alimentation sont très fréquents chez les personnes

autistes, ils se manifestent précocement et ce dès la petite enfance. Ils peuvent être divers : nourriture peu variée, réticence aux changements de textures et aux nouveaux aliments, choix sélectif de la nourriture, préférence ou rejet d’aliments de certaines couleurs, privilégier un type de cuisson, dispositions particulières ou nombre précis d’aliments, …etc.

Tout comme pour les troubles du sommeil, les particularités sensorielles peuvent avoir une influence directe sur le comportement alimentaire. la modification des perceptions sensorielles peuvent rendre le goût, la vision ou les odeurs liés à la nourriture désagréables. 

  • Les difficultés motrices et de coordination peuvent apparaître de plusieurs façons :
  • Apprendre à nager, faire du sport ou du vélo peut être difficile, la motricité globale peut être altérée à causes des problèmes neurologiques et de traitement sensoriel.
  • Le contrôle moteur des petits muscles des mains est nécessaire pour la maîtrise de nombreuses compétences, ce qui peut rendre l’écriture, le dessin et l’habillage très difficiles.
  • Le contrôle des muscles oro-moteurs ainsi que la capacité de traiter le langage peuvent rendre la parole et la communication particulièrement difficiles à surmonter.
  • Les troubles psychiatriques les personnes autistes rencontrent souvent des

difficultés émotionnelles comme pathologies associées, notamment les troubles de l’anxiété, la dépression, les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité et les troubles bipolaires.

En conclusion, la recherche systématique des pathologies associées est primordiale afin d’aider les familles et l’entourage dans l’accompagnement de la personne souffrant de troubles du spectre autistique.